La compagnie day-for-night s’est créée en 2000 et est dirigée par la metteure en scène Anne Monfort.

 

Nos créations s’articulent autour de narrations alternant entre documentaire et fiction, un jeu d’acteur entre jeu et non-jeu. La compagnie travaille sur différents matériaux- scénarios de films, romans, collaboration avec des auteurs de théâtre- et associe un travail pictural à une démarche d’essai, un angle de lecture politique du monde et une attention à la précision de la langue. Depuis ses premiers travaux de mise en scène, Anne Monfort cherche des formes qui allient le pictural et le politique et le textuel, la fiction et le documentaire, la précision du jeu de l’acteur et une dramaturgie approfondie. Au cours de ces travaux, s’est développée une direction d’acteurs précise, travaillant selon un système de montage cinématographique, où l’acteur porte le changement de la forme- c’est le changement de code de jeu qui fait passer l’ensemble du spectacle du documentaire à la fiction, du politique au poétique. Le théâtre y est le lieu qui permet à la fois d’ «organiser un peu de pensée » [1] et le lieu du choc esthétique, le lieu qui articule l’intime et le politique.

Les premiers spectacles de la compagnie (Dieu est un DJ en 2002, Tout. En une nuit. en 2005 puis Sous la glace en 2007 et Nothing hurts en 2008)  se créent à partir de textes de lauteur allemand Falk Richter, dont Anne Monfort est aussi la traductrice. Elle retrouve Falk Richter en 2014 pour Et si je te le disais, cela ne changerait rien un travail autour d’inédits à partir de ses journaux. . Parallèlement à ce long compagnonnage avec Richter, elle a travaillé sur des montages de textes, ainsi que sur des formes proches de la performance, comme Laure (2006) ou le diptyque Notre politique de l’amour (2010-2011) qui réunissait comédiens, performeuse et musicien. Elle a travaillé aussi sur des spectacles in situ, comme Next Door, qui investissait des appartements vides avant leur prochaine location, ou pour des dispositifs spécifiques comme Les fantômes ne pleurent pas (2012), où les spectateurs n’assistent pas au même spectacle selon le côté où ils sont placés.

La compagnie day-for-night travaille désormais sur des textes contemporains, de romanciers (Mathieu Riboulet, Gwenaëlle Aubry, Lydie Salvayre, Jakuta Alikavazovic), ou d’auteurs de théâtre (Sonia Willi, Roland Schimmelpfennig, Thibault Fayner, auteur de Morgane Poulette, avec qui la compagnie est en compagnonnage, Anja Hilling). Nous avons une attention particulière  aux problématiques liées à l’histoire « quon ne trouve pas dans les livres » [2] et au politique- d’où La Méduse démocratique  autour de la figure de Robespierre, Pas pleurer sur la guerre civile espagnole et sa mémoire,  Désobéir-Le monde était dans cet ordre-là quand nous l’avons trouvé sur les impensés de l’histoire européenne des années 70. En lien avec ces préoccupations politiques et historiques mais aussi musicales, la compagnie travaille souvent sur différentes langues, et crée parfois des spectacles bilingues ou trilingues, comme No(s) révolutions(s), commande à Mickael de Oliveira, auteur portugais, et Ulrike Syha, autrice allemande, créé avec une équipe trilingue au plateau.

En résonnance avec notre méthode de travail, qui accorde un temps à la recherche, qu’il s’agisse des moments de formation ou des et les temps préliminaires autour des spectacles, nous avons mené un projet de recherche au long cours, Opération Caravage, de 2019 à 2021, sur les transferts d’effets cinématographiques au théâtre, leurs implications sur les outils de lacteur, en regard du spectateur.

Nous avons eu toujours à cœur de développer à la fois des formes plateau et des formes itinérantes. Ainsi, La méduse démocratique a pu s’installer partout, dans des lieux équipés ou non, et en particulier des mairies, des foyers ruraux…. Anne Monfort a aussi créé deux formes pour les établissements scolaires, Le quart d’heure américain (Scènes du Jura/ théâtre AmStramGram), et La femme juive, d’après Bertolt Brecht et Margarete Steffin, à la demande de Côté Cour.

Nous avons aussi le goût de partenariats croisés – des lectures musicales ont lieu pour l’Agence Livre et Lecture avec le département musique du Conservatoire de Besançon, l’école de musique de Gray, des groupes du Moulin de Brainans et du Moloco et du transdisciplinaire : ainsi je travaille actuellement avec l’IRCAM à une musique-fiction, autour de Nostalgie 2175.

Se poursuivent aussi des partenariats avec les écoles supérieures (ESAD, CNSAD, TNS), la formation de jeunes acteurs étant un angle qui nous intéresse particulièrement. En 2019 Anne Monfort et Thibault Fayner ont créé le spectacle de sortie des élèves de l’EDT 91, Les médaillons, En 2021, Anne Monfort met en scène le spectacle de sortie des élèves du CNSAD, à partir de Nulle part, texte inédit de Kouam Tawa.

De façon plus générale, le soutien aux jeunes compagnies est pour nous d’importance. Le festival 360, regroupement de plusieurs compagnies, dont day-for-night est membre actif, a programmé pour sa dernière édition en 2019 aux Ulis plusieurs jeunes compagnies, dont une issue de l’EDT 91 et du DEUST Besançon, que nous avons accompagné également sur le plan administratif. Nous travaillons régulièrement avec de jeunes acteurs issus des écoles, avons   mené un compagnonnage avec Julia Dreyfus, et accompagnons actuellement en compagnonnage May Hilaire et Louise Legendre.

La compagnie day-for-night est conventionnée par la DRAC Bourgogne-Franche-Comté, et soutenue par la région Bourgogne-Franche-Comté, la région Bourgogne-Franche Comté, la ville de Besançon, le conseil départemental du Doubs.

[1] Mathieu Riboulet

[2] Lydie Salvayre