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l'île haute
À la demande de la romancièreValentine Goby, Anne Monfort a mis en scène un concert littéraire à partir de son roman L’île haute.
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Un jour d’hiver, Vadim, petit Parisien de douze ans inquiet et asthmatique, est conduit par le train vers un air plus pur. Il ignore tout des gens qui vont l’héberger, quelque part dans un repli des hautes montagnes. Il est transi de fatigue quand, au sortir du wagon bloqué par l’avalanche, il foule la neige épaisse et met ses pas dans ceux d’un inconnu. Avance vers un endroit dont il ne sait rien. Ouvre les yeux sur un décor qui le sidère, archipel de sommets entre brume et nuages. Là, tout va commencer, il faudra passer de la stupeur à l’apprivoisement, de l’éblouissement à la connaissance. Confier sa vie à ceux qui l’accueillent sur cette terre isolée, refuge ou piège.
L’île haute est le récit initiatique d’une absolue première fois, d’une découverte impensable, un somptueux roman-paysage. L’histoire du déplissement, de saison en saison, d’un enfant révélé par la beauté de la montagne qui le sculpte, et qu’il tente de modeler à son tour.
Représentation du concert littéraire L’île haute mis en scène par Anne Monfort | ©Fred Menu
NOTE D’INTENTION D’ANNE MONFORT
La dimension organique de la langue de Valentine Goby m’est apparue nettement lors d’une lecture publique que j’avais faite de Murène avec Hervé Pierre dans le cadre des Petites Fugues. C’est suite à cette première expérience que nous nous sommes rencontrées et avons commencé une collaboration.
Dans L’île haute, la musique de Xavier Llamas est le paysage, la voix de Valentine Goby est Vincent/Vadim, au cours du concert ces deux instances vont s’apprivoiser, être en contrepoint, marcher ensemble, comme Vadim règle son pas au début du roman sur celui de l’homme qui l’emmène à Vallorcine.
Nous avons choisi de suivre la dimension fantastique de l’écriture, cette découverte étrange, effrayante parfois qu’est la montagne, ses couleurs inattendues, pour quelqu’un, enfant ou non, qui ne l’aurait jamais vue et n’aurait pas d’images même
mentales à convoquer. Ainsi, tout est perçu par la voix intérieure du personnage principal, Vincent/Vadim qui peu à peu découvre le paysage jusqu’à faire corps avec lui. C’est à travers son prisme que le contexte historique, la galerie de personnages
nous parviennent, vaguement déréalisés. La musique accompagne ce voyage initiatique, tant dans les grandes plages déployant l’écriture du paysage que sous forme de ponctuation entre les pensées de Vadim et le réel. A chaque saison correspondent des textures et des thèmes musicaux spécifiques.
Le concert littéraire suit la même dramaturgie que le roman : on traverse l’immersion dans le blanc, la découverte d’un printemps où le vert hésite à pointer, l’appropriation d’un monde jaune saturé au moment paradoxal de sa disparition. Un dispositif lumineux et vidéo marque les étapes de cette découverte, proposant des images de montagne devenues mentales, pure couleur. Comme Vadim dont la première image de montagne est celle surgie d’un livre consacré à Kandinsky, le spectateur est
amené à faire le point sur ses propres images, complémentaires de ce qui est lui est donné à voir et à entendre…
DISTRIBUTION
Autrice et récitante Valentine Goby
Compositeur et musicien Xavier Llamas
Metteuse en scène Anne Monfort



